jeudi, 1 avr. 2027
Le Trianon - Paris
En regardant la mer pendant des vacances en famille, Matthew « Murph » Murphy, le chanteur de The Wombats, a vécu une expérience qui l’a profondément marqué. Après une matinée particulièrement difficile, il s’est retrouvé seul sur la plage, face à l’immensité et à la tranquillité de la nature. Il décrit ce moment comme une sorte d’« expérience spirituelle sous champignons », au cours de laquelle il a pris conscience qu’il avait passé beaucoup trop de temps enfermé dans sa propre tête.
Cette révélation l’a poussé à se poser des questions sur son anxiété, son besoin de contrôle, son incapacité à profiter pleinement du monde et sa tendance à fuir certaines émotions. Ces réflexions sont au cœur de Oh! The Ocean, le sixième album de The Wombats dévoilé en 2025, qui constitue une nouvelle étape dans leur carrière.
Murph a toujours parlé ouvertement de ses problèmes d’anxiété, de dépression, d’addiction et de difficultés personnelles. Sur ce nouvel album, il aborde notamment son malaise social, ses comportements compulsifs, ses conflits intérieurs et sa vie à Los Angeles. Mais le ton est aussi plus positif : il cherche désormais à affronter ses problèmes plutôt qu’à les éviter.
Après plus de vingt ans de carrière, The Wombats connaissent toujours un grand succès, notamment auprès d’un public très jeune. Depuis leurs débuts avec A Guide to Love, Loss & Desperation en 2007, le groupe a enchaîné les albums à succès, les tournées internationales et les concerts dans de grandes salles. Murph se dit lui-même surpris que leur musique continue à séduire de nouvelles générations. Il plaisante en disant qu’ils ont « les corps d’hommes de 40 ans et les âmes de filles de 13 ans ».
Oh! The Ocean marque également un changement musical. Le groupe abandonne en partie les sonorités électroniques de ses précédents albums pour rechercher un son plus chaleureux et plus humain. Avec le producteur John Congleton, ils ont enregistré les morceaux en privilégiant les prises complètes et en conservant volontairement certaines imperfections. Murph voulait que l’on ait l’impression d’entendre « trois humains dans une pièce en train de jouer de leurs instruments ».
L’album mélange ainsi indie rock, pop, funk, disco, hip-hop et sonorités futuristes. Plusieurs chansons explorent les différentes facettes de la personnalité de Murph : son côté antisocial, ses regrets, son anxiété et sa tendance à chercher l’évasion dans des comportements parfois destructeurs. « The World’s Not Out to Get Me, I Am » fait notamment référence à ses anciens problèmes d’addiction et à la manière dont ses propres pensées peuvent parfois devenir son pire ennemi.
D’autres morceaux s’intéressent à son rapport à l’Amérique et à la vie à Los Angeles. « I Love America and She Hates Me » évoque sa relation amour-haine avec un pays qu’il admire pour son ambition, mais qu’il trouve extrêmement compétitif. « Swerve (101) » aborde la pression sociale et la recherche du statut, tandis que « Kate Moss » s’inspire des ragots et des secrets qui circulent dans son quartier.
Au final, Oh! The Ocean représente une forme de maturité pour Murph et pour The Wombats. Le chanteur explique avoir appris à « courir vers les balles » plutôt que de fuir ses problèmes. L’album témoigne donc d’une volonté de faire face à ses difficultés, de les accepter et de continuer à avancer, tout en conservant l’énergie, l’humour et les mélodies accrocheuses qui caractérisent le groupe.